Tout commence le 8 décembre, jour de l’Immaculée Conception : il faut aller en forêt chercher une bûche (même si, selon les familles, elle peut aussi apparaître comme par miracle dans le salon ou être achetée à un marché de Noël). Une fois que les enfants ont choisi la bûche qui leur plaît, on la place dans le coin le plus accueillant de la maison. C’est important : il faut que ce soit un endroit douillet, pour que le Tió ne prenne pas froid. Si nécessaire, on l’enveloppe dans une couverture. Il est essentiel qu’il ait bien chaud pour être performant le jour de Noël.
À partir de ce moment-là, il faut le nourrir chaque soir – fruits, biscuits, œufs, peu importe – comme s’il faisait partie de la famille. Il finit toujours tout ce qu’on lui donne. Et pas d’inquiétude : c’est bon signe. Il faut qu’il grossisse le plus possible.
Le 24 décembre au soir (ou le jour de Noël), le moment tant attendu arrive : les enfants lui font faire caca. Comment ? C’est simple : les enfants s’arment de bâtons, avec lesquels ils frappent le Tió le plus fort possible, tout en chantant une chanson. Une fois cette phase terminée, on les envoie chanter ou prier dans une pièce voisine et, pendant ce temps, la magie opère : le Tió « chie » des cadeaux. Une fois qu’il a fini, les adultes – qui ont supervisé le processus – indiquent aux enfants qu’ils peuvent revenir. On retire alors la couverture du Tió et les surprises apparaissent. Le rituel se répète jusqu’à ce que le Tió fasse savoir que c’est fini, en donnant du charbon, un hareng ou un œuf en guise de conclusion.
L’un des moments clés du rituel est, sans aucun doute, le moment où l’on tape sur le Tió. Une action qui combine une certain violence contrôlée et l’un des éléments les plus traditionnels : la chanson du Tió.
Transmise oralement pendant des siècles, il en existe autant de versions que le catalan a de dialectes. Et qu’il y a de villes, de villages et… de familles. Car effectivement, chaque famille à la sienne, avec de légères différences.
À Barcelone, la version la plus répandue est la suivante :
« Caga tió // Fais caca, Tió
ametlles, avellanes i torró // des amandes, des noisettes et du nougat
no caguis arengades // ne fais pas des harengs
que són massa salades // ils sont trop salés,
caga torrons // fais caca du nougat,
que són més bons // c’est bien meilleur.
Caga tió // Fais caca, Tió
ametlles i torró // des amandes et du nougat
si no vols cagar // si tu ne veux pas faire caca,
et daré cop de bastó // je te donnerai des coups de bâton.
Caga tió! // Fais caca, Tió ! »
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