Chaque plante, une histoire.

Derrière chaque produit agricole que vous trouvez dans votre magasin de confiance se cache bien plus qu’un simple produit. Bien plus même que l’expérience gastronomique ou sensorielle que vous en attendez. Chaque artichaut du Parc Agrari del Baix Llobregat conserve des histoires personnelles, des heures – des centaines, des milliers – de dévouement et une lutte constante contre le temps, la terre et tout ce qui dépend, ou pas, de soi-même. Car, en fin de compte, ce n’est pas seulement une question de plantes. C’est surtout les personnes qu’il y a derrière : chacune est différente, mais elles sont toutes indispensables pour que l’artichaut blanc de Tudela d’El Prat soit considéré comme l’un des meilleurs au monde.

« Nous avons notre propre identité, qui celle-là même avec laquelle nous cultivons. Si nous la perdons, la mondialisation détruira tout. Ce que vous pouvez manger ici, vous ne pouvez pas le manger à l’autre bout du monde, et vice-versa. L’artichaut d’El Prat en est le meilleur exemple ».
Une relation très spéciale

L’artichaut est une fleur. Une fleur qui se mange, qui a besoin de froid ; un chardon comestible. Mais une fleur en fin de compte. Aussi simple que la réalité. Et c’est de cette étrange fleur méditerranéenne que naît l’un des légumes les plus appréciés de la ville.

Et ce n’est pas un hasard. C’est l’un des légumes du potager ayant le plus de caractère : exigeant à cultiver, capricieux pour ce qui est de l’eau et facile à perdre. Si on ne s’en occupe pas bien, il devient fibreux ; si on ne le cuisine pas quand il est frais, il est insipide. Il exige de la précision, du respect, du savoir-faire et beaucoup de talent. Et en plus, il perturbe les papilles gustatives des convives, compliquant les accords avec les vins.

Et malgré tout – ou peut-être précisément à cause de cela –, pendant sa saison, c’est l’un des grands protagonistes de la ville. Des restaurants les plus modestes aux tables gastronomiques, vous le trouverez sur toutes les cartes entre novembre et avril. Imaginez son potentiel.

« Le Baix Llobregat a toujours été le garde-manger de Barcelone. Et l’artichaut en est l’emblème. On le cultive ici depuis toujours même si sa culture est exigeante et à haut risque. S’il existe encore aujourd’hui, c’est grâce au soin et à l’estime que lui portent les gens d’ici ».
Le Parc Agrari del Baix Llobregat

Au fil des millénaires, le fleuve a créé l’une des plaines les plus fertiles de ce qui allait devenir la Catalogne. Une terre qui, avec le temps, verrait la naissance d’une grande ville, capitale d’un pays.

Cette plaine, c’est le delta du Llobregat. À l’heure actuelle, aucune métropole européenne ne possède un parc agricole d’une telle surface à seulement 10 km du centre, capable de fournir des produits frais tout en conservant le rôle qui l’a rendu essentiel par le passé.

Aujourd’hui, nous assistons à une relation symbiotique de premier ordre, entre un espace rural qui ne devrait pas être là et un espace urbain de plusieurs millions d’habitants. Une relation qui fait voler en éclats les clichés, une relation unique au monde et dotée d’une très grande valeur ajoutée. L’artichaut d’El Prat en est le meilleur exemple et l’un des grands symboles du parc face à la spéculation et la disparition des terres. En même temps, l’artichaut n’aurait pas pu exister sans les conditions optimales offertes par les terres du delta à El Prat et sans leurs agriculteurs. La haute cuisine met en valeur et s’approprie l’artichaut, contribuant ainsi à sa survie, mais elle ne pourrait pas disposer d’un produit d’une telle qualité et d’une telle proximité sans le parc agricole. Une relation symbiotique comme il en existe peu.